
Cet ouvrage devient ainsi une proposition éditoriale pour l’ensemble de son public très large : les curieux, les amateurs, les connaisseurs, les collectionneurs, les chercheurs et les acteurs culturels d’autres institutions.









Pour répondre à ce besoin nous avons pris la décision qu’il devait être accessible et beau :
- Les œuvres sont les plus grandes possibles pour s’y plonger comme pendant une visite au musée ;
- Évoquer le bâtiment classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO ;
- Les textes sont concis ;
- La typographie est très sobre pour laisser les œuvres en priorité visuellement ;
- Les couleurs jouent un rôle signalétique et séparent les œuvres d’auteurs marocains et étrangers ;
- Le livre est souple pour l’ouvrir à plat et regarder confortablement chaque page ;
- La couverture rappelle le métal car c’est aussi un musée de la monnaie.


Le contenu
Avant le travail de la mise en forme est venue celle du fond ; car un bon design éditorial est au service de la lisibilité du contenu.
C’est la partie du travail qui est invisible et frustrante, tant qu’elle n’est pas terminée ça ne sert à rien de commencer le graphisme. Quand on se précipite, on risque de faire trop de propositions créatives et ainsi s’essouffler, causer des coquilles dans le texte et des erreurs grossières de mise en page.
Et pour ce livre la tâche n’était pas simple pour toutes les raisons précisées ci-dessus, mais aussi parce que la classification des 800 œuvres demandait une forme de tri et de hiérarchie. Et c’est là qu’arriva ma très chère Latifa Serghini qui m’a régalée de discussions passionnantes et d’une proposition audacieuse.
Elle a proposé trois idées fortes :
- s’émanciper du découpage « art moderne/art contemporain » très eurocentré. À la place elle propose un découpage qui prends en compte le rapport à l’art au Maroc (qui jusque là trouvait des lettres de noblesses exclusivement dans les arts décoratifs) ;
- elle donne une place importante aux peintres naïfs et spontanés ;
- elle prend de la distance avec l’expression « peintres orientalistes » arguant que ces auteurs avaient un rapport fantasmé avec notre terre et que nous travaillions un corpus hérité de l’époque coloniale. Elle évoque plutôt « les peintres voyageurs » – de passage – et « les peintres résidents » – qui ont une approche plus observatrice.

L’équipe
Je salue le travail colossal réalisé par toutes les personnes qui ont veillé sur les œuvres et leurs légendes, les artistes et leurs notices par un travail méticuleux : les équipes du musée, Latifa, Carole Guilloux, Laetitia Dechanet … et moi-même qui ai tout copié-collé, lu, relu, pointé, retouché ou corrigé.

C’est à vous, lecteurs exigeants, de répondre à cette proposition qui invite au regard et au dialogue.

📖 Une collection marocaine : regard sur les œuvres du musée de Bank Al-Maghrib
✍️ 280 pages
🧧 600 dhs


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